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Zico et le penalty de 1986 : « Cela ne m'a jamais empêché de dormir »

Zico sous le maillot du Brésil lors de la Coupe du monde 1986 au Mexique.

Zico sous le maillot du Brésil lors de la Coupe du monde 1986 au Mexique.

Le 21 juin 1986, sous la chaleur étouffante de Guadalajara, la France et le Brésil livraient l'une des plus belles partitions de l'histoire du football. Ce quart de finale d'anthologie, marqué par les buts de Careca et de Michel Platini, reste gravé dans les mémoires pour un tournant dramatique : le penalty manqué par Zico à la 73e minute, repoussé par un Joël Bats en état de grâce. Entré en jeu quelques instants plus tôt, le meneur de jeu de Flamengo aurait pu qualifier la Seleçao, avant que celle-ci ne sombre finalement lors de la séance des tirs au but.

Selon les confidences de la star brésilienne recueillies à Doha, cet échec cuisant n'a pourtant jamais altéré son sommeil. "Pour moi, ce penalty ne représente rien. Ce n'est pas un boulet que je traîne", affirme celui que l'on surnommait le "Pelé blanc". D'après ses dires, un penalty demeure un simple fait de jeu et ne peut expliquer à lui seul l'élimination de toute une équipe. Une maturité et un détachement remarquables, alors même que le public brésilien s'est historiquement montré impitoyable avec ses idoles déchues, à l'image de Moacir Barbosa en 1950 ou de Toninho Cerezo en 1982.

D'après les observations de la rédaction, la relation entre le numéro 10 et son équipe nationale a toujours été singulière, presque en retrait face à son amour absolu pour son club de toujours. L'ancien joueur ne cache pas sa préférence : "Oui, Flamengo a été plus important. Sans aucun doute". C'est sous la tunique rouge et noire que le milieu offensif a forgé sa légende, au point de voir sa statue trôner dans l'enceinte mythique du Maracana, protégeant son statut d'icône nationale contre la rancœur populaire liée aux désillusions en Coupe du monde.

Le tournoi de 1986 au Mexique s'est avéré particulièrement douloureux pour le joueur, qui a révélé qu'il ne souhaitait initialement pas participer à la compétition en raison d'une grave blessure au genou. Poussé par son sélectionneur Tele Santana à faire un effort pour le collectif, il a dû se contenter d'un rôle de remplaçant de luxe. Un statut inhabituel qui, selon son analyse, a faussé ses sensations sur le terrain. L'observation de sa carrière internationale démontre que les Coupes du monde, bien qu'elles aient révélé son génie au monde entier, ne lui auront finalement jamais apporté le bonheur escompté.

Interrogé sur les comparaisons flatteuses et le titre de successeur de Pelé attribué à l'époque par les médias français, Zico reste humble et lucide. S'il considère ce parallèle comme un immense honneur, il rappelle que le Roi était un génie unique, là où lui se considérait simplement comme un joueur différent. Classé par la FIFA parmi les dix meilleurs footballeurs de tous les temps, le Brésilien préfère retenir sa régularité au plus haut niveau mondial plutôt que l'absence d'un trophée planétaire à son palmarès, partageant ce destin inachevé avec d'autres artistes du ballon rond tels que Johan Cruyff ou Ferenc Puskas.

En jetant un regard sur le football contemporain, le natif de Rio de Janeiro rejette toute nostalgie stérile et se réjouit du retour des propositions techniques incarnées ces dernières décennies par des clubs comme le FC Barcelone ou le Bayern Munich. Loin du pragmatisme défensif des années 1990, il salue l'évolution collective actuelle tout en rappelant une vérité essentielle qui a guidé ses années sur les pelouses : pour lui, le football n'a jamais été un simple travail, mais une passion pure et le plaisir inestimable de défendre ses couleurs de cœur.

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Journaliste Sportif Senior - Football & Analyses Tactiques

Jean-Luc Dubois est un journaliste sportif reconnu avec plus de 20 ans d'expérience dans le monde du football. Ancien correspondant à Paris, Londres et Madrid, il a couvert les plus grands événements sportifs : Coupes du Monde, Euro, Ligue des Champions et championnats nationaux. Ses analyses tactiques et ses reportages de terrain sont appréciés pour leur profondeur et leur précision. Passionné par le football européen et sud-américain, il apporte un regard unique et éclairé sur l'actualité sportive.