C'était le 15 juillet 2018. Alors que la France et la Croatie s'affrontaient en finale de la Coupe du monde sous une pluie battante à Moscou, quatre activistes du collectif Pussy Riot pénétraient sur la pelouse du stade Loujniki. Parmi eux, Nika Nikulshina, vêtue d'un uniforme de policier, parvenait à taper dans la main de Kylian Mbappé avant d'être interpellée. Huit ans plus tard, l'activiste de 29 ans est une femme profondément marquée, désormais réfugiée politique en France.
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Subscribe Sekarang →Selon les confidences de la jeune femme, cette action spectaculaire avait pour but de dénoncer les violences policières et le système politique autoritaire sous les yeux de Vladimir Poutine. "Le plan, c'est qu'en Russie, si tu portes un uniforme, si tu as un symbole de pouvoir, tu peux tout faire", explique-t-elle. La hiérarchie et la peur du chef, le "nachalnik", ont permis aux activistes de duper la sécurité et les agents du FSB pour atteindre le terrain.
D'après son récit, les conséquences de cet acte de bravoure ont été dramatiques. Après une condamnation initiale à 15 jours de prison, Nika Nikulshina est entrée dans un véritable "manège" carcéral et judiciaire russe, marqué par des arrestations à répétition pour de fausses accusations de désobéissance. En 2018, son compagnon d'alors, Pyotr Verzilov, a même été victime d'un empoisonnement sévère, similaire à celui qui a coûté la vie à l'opposant Alexeï Navalny en 2024.
Constat de la rédaction : le témoignage de Nika Nikulshina met en lumière la trajectoire tragique d'une jeunesse russe sacrifiée sur l'autel de la dissidence. Traitée comme "agent de l'étranger" par Moscou et sujette à un stress post-traumatique sévère qui l'a menée à l'automutilation, la jeune femme ne regrette pourtant rien. Pour elle, le sport international ne devrait pas réintégrer la Russie, qu'elle qualifie aujourd'hui d'enfer invisible où "le corps humain et l'humanité ne valent rien".