À l'occasion de la Coupe du monde 2026, les archives sportives permettent de redécouvrir des témoignages gravés dans la mémoire collective. Récemment disparu à l'âge de 89 ans, Antonio Rattin, figure emblématique de Boca Juniors et ancien capitaine de la sélection d'Argentine, n'avait absolument rien oublié de la tempête de 1966. Lors d'un entretien fort, l'ex-milieu de terrain revenait sans détour sur le quart de finale de la Coupe du monde contre l'Angleterre (0-1), un match qu'il a toute sa vie qualifié d'injustice absolue et de complot flagrant.
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Subscribe Sekarang →Ce 23 juillet 1966, le temple du football de Wembley devenait le théâtre d'un incident historique. À la suite d'un profond malentendu avec l'arbitre ouest-allemand Rudolf Kreitlein, qui ne parlait pas l'espagnol, le capitaine argentin fut expulsé après avoir simplement contesté une décision. Estimant n'avoir commis aucune infraction, le joueur refusa de quitter la pelouse, provoquant une interruption de jeu inédite de près de 23 minutes. L'observation de la rédaction confirme que cet épisode de haute tension, conclu sous les huées d'un public britannique hostile, incita par la suite la FIFA à introduire les cartons jaunes et rouges pour moderniser l'arbitrage.
D'après les déclarations du joueur, les coulisses de ce Mondial étaient totalement arrangées pour favoriser le pays organisateur. "Tout était cuisiné d'avance pour que les Anglais soient champions du monde", affirmait Antonio Rattin avec amertume. Il dénonçait notamment une modification suspecte de l'horaire du tirage au sort des arbitres la veille du match, orchestrée selon lui par Stanley Rous, alors président anglais de la FIFA. La suite de l'histoire lui laissait un goût cruel : une élimination argentine à dix contre onze et un but vainqueur entaché d'un hors-jeu.
Au-delà de la rancœur internationale, le natif de Tigre incarnait la fierté d'une époque révolue, celle d'une fidélité absolue à un seul club. Unique joueur à avoir porté le maillot de Boca Juniors pendant quinze saisons consécutives, il aimait opposer la sueur et les sacrifices de sa génération au football business contemporain. Devenu plus tard ambassadeur du club de Buenos Aires et homme politique respecté en Argentine, Antonio Rattin gérait également une mutuelle pour venir en aide aux anciens footballeurs dans le besoin.
Selon les observateurs, l'ironie du destin de ce géant d'1,90 m réside dans son rapport complexe avec la culture britannique. Malgré le traumatisme de Wembley et les insultes du sélectionneur Alf Ramsey qui avait qualifié les Argentins d" "animaux" , Antonio Rattin confessait une immense admiration pour la discipline et le raffinement de Londres. Interrogé sur un potentiel exil loin de son pays, c'est précisément vers la capitale anglaise que l'icône argentine déclarait vouloir s'installer pour jouer les prolongations de sa vie.