La Coupe du monde 2002 reste à ce jour l'une des pages les plus sombres de l'histoire du football français. Arrivés en Corée du Sud avec le statut de champions du monde et d'Europe en titre, les Bleus ont subi une élimination précoce et historique dès le premier tour, sans inscrire le moindre but. Pour l'ancien attaquant vedette David Trezeguet, les souvenirs de cette campagne asiatique demeurent particulièrement douloureux. Interrogé par nos confrères, le natif de Rouen pose un regard sans complaisance sur cette faillite collective, n'hésitant pas à qualifier l'aventure de "catastrophique" et de "fiasco total".
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Subscribe Sekarang →Tout a basculé dès le match d'ouverture face au Sénégal. Une rencontre que les Tricolores ont sans doute abordée avec un excès de confiance face à des Lions de la Téranga survoltés. "Les Sénégalais ont fait un match fantastique, nous ont mis en difficulté, nous ont bloqués et on a perdu", se remémore l'ancien buteur de la Juventus. Cette confrontation fut d'autant plus singulière pour lui qu'il retrouvait dans les buts adverses son grand ami Tony Sylva, alors doublure de Fabien Barthez à Monaco. L'attaquant confie avoir été profondément ému de voir son ancien partenaire briller au plus haut niveau international, même si cela scellait le début des malheurs français.
La rédaction observe que le manque d'efficacité offensive a été le grand paradoxe de cette équipe. Sur le papier, la France disposait pourtant d'une armada impressionnante avec Thierry Henry, meilleur buteur de Premier League, Djibril Cissé, roi des buteurs en Ligue 1, et David Trezeguet lui-même, alors au sommet de la Serie A. "On avait les atouts pour aller jusqu'au bout, sauf qu'on a été éliminés tout de suite", regrette-t-il. Le tournant du tournoi s'est joué à la 23e minute de ce premier match, lorsque la frappe de Trezeguet a heurté le poteau. Un manque de réussite initial qui a plongé le groupe dans un engrenage négatif.
D'après l'ancien international, l'absence sur blessure de Zinedine Zidane, touché à la cuisse lors d'un match de préparation contre la Corée du Sud, a également pesé de tout son poids sur le plan psychologique et technique. Contrairement à l'épopée de 1998 où l'équipe avait su surmonter l'expulsion du meneur de jeu contre l'Arabie saoudite, le groupe de 2002 s'est retrouvé démuni et incapable de trouver des solutions tactiques alternatives. L'exclusion précoce de Thierry Henry lors du deuxième match nul face à l'Uruguay (0-0) n'a fait qu'accentuer la frustration des attaquants, privés de ballons et de repères.
Sur le plan managérial, le sélectionneur Roger Lemerre a tenté de capitaliser sur l'inertie positive de l'Euro 2000, en maintenant une continuité totale avec les cycles précédents. Une stratégie qui s'est avérée infructueuse face à la fatigue physique et à l'usure mentale des cadres. Cloîtrés dans leur hôtel sud-coréen au milieu des journalistes et des clients d'un casino, les joueurs n'ont jamais réussi à inverser la tendance. Aujourd'hui encore, lorsqu'il retrouve ses anciens partenaires de la génération 98, David Trezeguet confesse qu'ils éludent systématiquement ce sujet douloureux : "On ne parle pas de 2002, c'est un mauvais souvenir et je préfère oublier".