On peut se voir offrir un tout nouveau costume et continuer d'apprécier en enfiler plusieurs à la fois. C'est la leçon qu'offre Ismael Saibari avec le Maroc depuis le début de cette Coupe du monde. Aligné par son sélectionneur Mohamed Ouahbi dans une position d'avant-centre qu'il maîtrisait assez peu jusque-là, le joueur rayonne. Au-delà de ses trois buts inscrits dans le tournoi, le futur joueur du Bayern Munich brille par ses mouvements incessants qui soulagent ses partenaires autant qu'ils empoisonnent les défenses adverses.
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Subscribe Sekarang →Selon l'ancien international Fayçal Fajr, cette évolution est une franche réussite : "C'est un choix tactique qui m'a un peu surpris, mais en fait on a l'impression qu'il a toujours joué à ce poste". À 25 ans, Saibari était majoritairement aligné dans l'entrejeu, en soutien d'un attaquant ou sur le côté gauche avec le PSV Eindhoven comme en sélection. D'après les observations de la rédaction, cette polyvalence lui permet d'apporter une liberté nouvelle sur le front de l'attaque marocaine.
"Je ne suis pas étonné par rapport à ses qualités, mais par rapport à cette position nouvelle", reprend Fajr. L'ancien milieu souligne la personnalité et la capacité d'adaptation du joueur, affirmant que beaucoup d'autres auraient "pleurniché" face à ce repositionnement. Aujourd'hui, qualifier précisément le profil de Saibari devient délicat. Ce n'est pas un ailier de débordement classique, ni un meneur de la finesse d'un Azzedine Ounahi, mais un véritable électron libre capable de décrocher et de participer activement au jeu entre les lignes.
L'attaquant permet aussi de créer des brèches grâce à ses qualités de percussion et ses appels dans la profondeur. Une arme nouvelle et létale dans son arsenal, qui lui a permis de marquer contre le Brésil lors de la première journée (1-1), puis de surprendre l'Écosse dès la 2e minute du match suivant (1-0). "Il n'est pas toujours le plus rapide, mais il est capable d'accélérer violemment", explique Fajr, rappelant sa pointe à 33 km/h en Ligue des champions la saison passée.
D'après l'analyse technique du staff, sa puissance sur les jambes le rend particulièrement difficile à stopper. Contre le Brésil, sa course pour semer Marquinhos et Gabriel sur une passe de Brahim Diaz a impressionné les observateurs. Saibari prouve qu'il sait être précieux sans ballon, ce qui s'avère être un régal pour son entraîneur. En décrochant régulièrement, le numéro 11 marocain offre également du champ pour les projections de ses partenaires, notamment Achraf Hakimi.
Grâce aux espaces libérés par Saibari, on assiste au retour d'un Achraf Hakimi plus axial, proche de son rôle au PSG. "C'est un des effets du changement de sélectionneur", se réjouit Fajr. De plus, Saibari se distingue par un harcèlement défensif constant. Figurant parmi les joueurs cumulant le plus de courses à haute intensité, cet attaquant né en Espagne et formé en Belgique ne compte pas ses efforts dans le dispositif en 4-4-2 compact des Lions de l'Atlas.
La rédaction constate qu'après quatre rencontres, il devient difficile de trouver des défauts à ce joueur que certains considéraient encore comme un avant-centre de fortune il y a quelques semaines. Lors du huitième de finale face aux Pays-Bas (1-1, 3-2 aux t.a.b.), il n'avait pas tenté le moindre tir du match avant de délivrer les siens en transformant le tir au but vainqueur. Sa présence sur le terrain reste indispensable pour Mohamed Ouahbi.