C'est une histoire singulière qui lie la France au Mexique à l'aube de la Coupe du monde 2026. Lors d'un déjeuner à Guadalajara, l'architecte français d'origine roumaine Daniel Pouzet, alors âgé de 59 ans, s'est vu confier une mission monumentale par le milliardaire Jorge Vergara. Le fondateur d'Omnilife et propriétaire du Deportivo Guadalajara jugeait l'historique Estadio Jalisco totalement obsolète et cherchait un esprit novateur pour bâtir une enceinte ultra-moderne. "C'est la folie et la démesure mexicaine qui fait que tu peux parler d'un petit projet d'un hôtel et que tu finis par un stade", se remémore l'architecte avec étonnement.
// RELATED STORIES
Vous aimez cet article ?
Recevez encore plus d'histoires captivantes en vous abonnant à notre newsletter. C'est gratuit !
Subscribe Sekarang →Selon les observations de la rédaction, confier un tel chantier à un concepteur n'ayant pour principale référence qu'un salon international pour Renault relevait d'un pari audacieux. En France, une telle opportunité n'aurait probablement jamais été accordée à un novice, ce qui a initialement laissé penser à Daniel Pouzet qu'il s'agissait d'une plaisanterie. Pourtant, le projet était bel et bien sérieux, et l'architecte s'est mis au travail pour dessiner les plans d'un édifice éruptif, inspiré par la nature volcanique du Mexique, le tout pour un budget estimé à 270 millions d'euros en valeur actuelle.
D'après les caractéristiques techniques du site, le concept s'apparente à un véritable stade-volcan émergeant d'une colline artificielle recouverte d'une pelouse inclinée à 30 degrés. Le toit ovale, une membrane en fibre de verre recouverte de téflon, donne l'illusion d'un nuage blanc flottant au-dessus du cratère. Ce dispositif écologique permet notamment de récupérer l'eau de pluie pour irriguer le complexe. La structure a toutefois nécessité des ajustements complexes, les ingénieurs ayant dû recalculer la résistance des poteaux en acier afin de faire face aux risques sismiques de la région.
Inauguré le 30 juillet 2010 lors d'une rencontre de prestige face à Manchester United, l'Estadio Akron devait initialement s'intégrer au Centro JVC, un immense projet d'urbanisme de trois cents hectares. Malheureusement, ce complexe ambitieux n'a jamais vu le jour, transformant les abords du stade en un vaste parking de huit mille places. Malgré ce regret, l'architecte conserve une immense fierté face à la ferveur locale, constatant que sa création suscite une reconnaissance populaire rare pour un programmateur de complexes sportifs.
Le destin architectural de Daniel Pouzet a pris des trajectoires inattendues à la suite de cette aventure de sept ans. Constat de la rédaction : l'architecte n'a plus jamais conçu d'enceinte sportive par la suite, se tournant vers la construction d'un temple bouddhiste à Guadalajara en 2019 ou de complexes hôteliers écoresponsables aux Philippines. Bien qu'il n'ait jamais rien bâti sur le sol français, l'homme de l'art préfère y voir une question de karma, pleinement comblé par la postérité de son volcan mexicain.